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9 mars 2019

Serifos, Avant / Après

Du changement, mais pas toujours en bien...

J'étais déjà allée à Serifos en 2007, et j'y suis retournée en 2018, 11 ans après. J'avais des souvenirs bien sûr, certains précis, d'autres moins, selon les lieux. Alors j'ai voulu recouper ce dont je me souvenais avec la réalité ; oui mais voilà... la réalité avait changé, elle aussi pendant ce temps. J'ai donc tenté de reprendre quelques lieux en photo, de ceux que j'avais déjà immortalisés par le passé, et je vous livre ici le résultat. Surprenant comme tout change assez rapidement, même dans ces petites îles moins touristiques.

Le premier choc est venu dès le débarquement du ferry. C'était comme si je n'étais jamais venue avant, je ne reconnaissais rien. J'avais quand même des souvenirs du débarquement en 2007 et de notre recherche d'hébergement - à cette époque il n'y avait pas besoin de réserver de chambre à l'avance, on trouvait sans problème une fois arrivés sur place. Mais en 2018, en posant les pieds sur le quai et en marchant vers notre chambre réservée, je n'arrivais pas à recoller les morceaux, tout avait bien changé au port de Livadi.
En 2007, il n'y avait pas autant de restaurants, mais les quelques restaurants de bord de mer étaient bien plus sympathiques :


On mangeait quasiment les pieds dans l'eau, les grecs avaient même mis des fleurs pour égayer le cadre, j'avais gardé le souvenir d'un petit coin où il faisait bon s'installer.

18 février 2019

Serifos, la grève de 1916

Des pierres contre des fusils

Encore un article sur les mines de Serifos, et ensuite je reviendrai à des sujets plus légers et plus propices à l'insouciance qui doit prévaloir quand on visite cette belle île grecque de Serifos.
Quelquefois, cela vaut la peine de creuser un peu certains points et comprendre ce qu'était la vie des gens autrefois dans les endroits que nous visitons. J'ai déjà évoqué ce qui a fait le déclic pour moi entre Chora et Megalo Livadi, et je vais vous partager le résultat de quelques heures (laborieuses) de traduction de l'article d'un blog grec sur le sujet que j'ai mis en lien dans l'article précédent. Traduction très laborieuse car le style journalistique, plein de vocabulaire précis et adapté, m'a obligé à passer mon temps dans le dictionnaire.
Mais voilà c'est fini ! Et je ne le regrette pas.

La stèle présente à Mégalo Livadi près des ruines de l'ancienne compagnie minière est le point de départ de mon histoire du jour.


Il y a quelques fleurs fanées au pied, témoignant d'une cérémonie qui se tient encore tous les ans au mois d'août à la mémoire des quatre noms gravés dans la pierre : Themistoclis Kouzounis, Michalis Zoïlis, Michalis Mitrofanis et Yannis Protopapas, et j'imagine aussi à la mémoire de tous les ouvriers qui sont morts dans les mines de Megalo Livadi pour le plus grand bénéfice de la famille Groman et de la compagnie minière.
La stèle porte une date, celle du 21 août 1916. Il s'agit de la conclusion tragique d'un "bref été d'anarchie" comme l'indique le titre de l'article du blog Kalodia.

11 février 2019

Serifos, la vie des mines

Sur une carte de bar...

Avant de terminer le tour de l'île, restons un peu dans le coin de Mega Livadi où il y a encore pas mal de choses à dire. J'en ai déjà un peu parlé, mais le sujet mérite d'être plus développé.

Serifos a un passé lié à l'extraction minière depuis l'antiquité : tout d'abord les romains, puis les vénitiens au 14ème siècle. Il y a eu une pause pendant l'occupation ottomane, mais l'exploitation des richesses en minerai de fer a repris de plus belle dans la seconde moitié du 19ème siècle. A cette époque, le capitalisme n'en était plus à ses premiers balbutiements et l'exploitation de l'homme par l'homme était bien rodée depuis belle lurette.
Nous avons déjà eu un premier aperçu des restes de ce passé à Mega Livadi dans l'article précédent, mais Mega Livadi a une histoire digne d'être comptée.
D'ailleurs à propos de ce village, il est répertorié en tant que Mega Livadi sur les cartes de l'île, mais la littérature sur le passé minier évoque Megalo Livadi. Va pour l'un ou l'autre !

Alors... pour moi tout a commencé avec la carte d'un bar à Chora. Nous venions de monter à pied depuis le port, de tournicoter dans les ruelles, et l'envie nous a pris de nous poser quelques minutes dans un bar de la place de la mairie devant des jus d'orange frais, un vrai régal. En feuilletant la carte du bar, je suis tombée, dans les dernières pages, sur des textes en grec occupant toute une page, chose peu courante dans un menu où on raconte peu de choses. L'un des textes présentait l'île de Serifos et l'autre quelque chose qui s'était passé en août 1916 à Mega Livadi et avait un rapport avec les mines et les mineurs. Je parcours le texte en grec, ne comprends pas tout, évidemment, mon vocabulaire n'est pas immense, et je ne monte pas en rando avec le dictionnaire grec-français dans le sac à dos. Qu'à cela ne tienne, je fais une photo, et on verra les détails plus tard.


19 janvier 2019

Art brut sur les plages grecques

Ephémère et créatif...


On ne vient pas à la plage pour l'art, pensez-vous ? Eh bien détrompez vous... Ce n'est certes pas une activité classique, on ne fait pas la tournée des galeries en maillot de bain et tong, même avec une serviette jetée négligemment sur l'épaule. Et pourtant... voici quelques exemples d'art brut et éphémère rencontré sur quelques plages grecques ces dernières années. Les auteur(e)s n'ont pas signé, les oeuvres sont toutes anonymes, et ça les rend encore plus attractives. L'art pour l'art, pas pour le business.

Première oeuvre, sur la plage de Kamares, à Sifnos. On cherchait un endroit à l'ombre pour poser notre serviette, et on est tombé sur ça :



Le genre jardin zen en moins bien ratissé. N'empêche... ça a du prendre du temps à l'artiste, d'abord de ramasser des galets suffisamment gros sur une plage de sable où ils ne sont pas en nombre, ensuite de les assembler en répartissant harmonieusement les tailles.

19 juin 2018

Clochemerle à Folegandros

Du rififi au soleil...

Il fait bon flâner le soir sur les petites places de Chora, à Folegandros. Sur chacune d'elles se trouvent quelques tavernes typiquement grecques, chacune avec ses spécialités et sa cuisine. C'est donc un plaisir de manger tantôt à l'une, tantôt à l'autre, avec quelques coups de coeur pour quelques unes où on revient plus souvent. La cuisine est savoureuse sur cette belle île.

Oui mais voilà, l'été dernier, l'un des restaurants manquait à l'appel...
On le voit sur la droite sur la photo ci-dessous, prise en 2010 :



Il s'agit de "O Kritikos" (Le Crétois). Un des restaurants historiques de Folegandros, qui passe de père en fils depuis des dizaines d'années, spécialisé dans les grillades. Toujours complet le soir, c'est dire s'il est apprécié.


L'été dernier, quelle ne fut pas notre surprise en arrivant sur la place : un grand espace vide devant O Kritikos, pas de tables éparpillées dehors, porte close. Quelle tristesse !

22 novembre 2017

Les Ferries grecs

A toutes les sauces...

Ah... les ferries grecs... Toute une histoire (de coeur) en ce qui me concerne.


Il y a quelques dizaines d'années, quand j'ai commencé à aller dans les îles grecques, il n'y avait que des ferries pour partir d'Athènes et aller d'île en île. Certains étaient hors d'âge, rouillés, mais on se posait moins de questions que maintenant. On montait à bord en vrac, tous ensemble, voitures, camions, passagers, ça permettait d'aller vite et de ne pas immobiliser le bateau à quai trop longtemps. Et c'était parti...
Progressivement sont arrivés les "speed", des bateaux rapides qui consomment un maximum de gasoil mais divisent environ par deux le temps de transport. le prix est proportionnel au temps "gagné", moins ça prend de temps, plus c'est cher (et même très cher), au moins le double sur un même trajet. 
Je ne suis pas une fan de ce genre de bateau rapide, et en particulier de ceux qui ne prennent que des passagers. On est cloué sur le siège qui vous a été attribué, impossible de mettre le nez dehors. Alors que c'est si agréable d'arriver lentement dans les ports, d'être sur le pont pour suivre les manoeuvres d'arrimage à quai de cette grosse masse de métal - bravo aux marins grecs - et de voir défiler toutes les îles dans lesquelles le bateau passe avant de nous amener à notre destination.

Je voudrais donc faire l'éloge des ferries grecs qui, avec leur allure de sénateur, nous permettent de prendre notre temps, regarder la mer d'un bleu profond et les îles avoisinantes, quelquefois voir des dauphins, faire une petite sieste allongé sur un banc, et... argument imparable, prendre l'air quand on en a envie et avoir beaucoup moins mal au coeur quand le vent s'est mis à souffler et à agiter la mer.

Mais il arrive que ces ferries aient des aventures, bonnes ou mauvaises, et je voudrais vous narrer celles que nous avons pu constater cet été.

29 octobre 2016

Billet d'humeur, Sifnos

Cela faisait longtemps que je n'avais pas publié de billet d'humeur, et le précédent n'était pas rose (et n'a toujours aucune raison de l'être cette année encore).
Alors, en ces temps automnaux sous un ciel bas et gris, l'humeur va être... très bonne !
C'est l'île de Sifnos qui est à l'origine de ce rayon de soleil mental. Et il y a plusieurs raisons de se réjouir.

Cela fait trois ans que l'office de tourisme distribue gratuitement une revue luxueuse au titre un peu niaiseux de "You are here". Cette revue contient bien sûr plein de pub pour les commerces en tout genre de l'île, mais aussi quelques articles intéressants qui présentent divers aspects culturels de l'île de Sifnos, un peu ou beaucoup en marge du tourisme de masse. L'année dernière par exemple, un des articles présentait le travail de Katerina Lebessi, une vieille dame dont les décors naïfs ornent les poteries qui sortent de l'atelier familial, en haut d'Artemonas. Nous avions eu l'occasion de rendre une petite visite à cette poterie loin des circuits classiques (sous entendus routiers...) au retour de la randonnée d'Aghios Sostis, et Katerina, présente à ce moment là, nous avait présenté gentiment sa poterie et son travail, mais mon niveau (très moyen) de grec m'avait un peu frustrée de ne pouvoir échanger plus avec elle faute de vocabulaire. Cela nous avait donc fait plaisir de voir qu'elle figurait en bonne place dans la revue annuelle.
Et cette année, la revue n°3 de "You are here" était particulièrement intéressante, j'aurais l'occasion d'en reparler dans d'autres articles.

8 août 2014

Billet d'humeur

Mauvaise humeur...

J'inaugure une nouvelle rubrique du blog, les billets d'humeur, pour parler de ce qui me semble positif ou négatif dans nos chères îles.
Soyez rassurés, je ne vais pas vous en faire dix par mois, mais un petit de temps en temps, sur des faits, des rencontres, des constatations, ... qui méritent d'être signalés. Aussi bien des bonnes choses - mais oui, il y en a malgré ce que nos médias veulent nous faire croire - que des plus moches - et là, c'est sûr, il en existe...

Et pour commencer... pas de chance, l'humeur est grognonne ! Cela faisait longtemps que je le gardais au chaud cet article, il mijotait, et voilà, c'est prêt. A force de passer à pied devant les carcasses de béton ou les tas de gravats, il faut bien un jour parler de ce qui fâche au milieu de nos petits coins de paradis.

Alors c'est parti, la victime expiatoire du jour sera... Folegandros. Eh oui, parler au long des messages des promenades toutes aussi belles les unes que les autres sur cette île coup de coeur n'empêche pas de garder les yeux ouverts sur ce qui est, par endroit, plus que moche, laid, détestable sur cette île, qui est représentative, heureusement pour elle à moindre échelle, de ce qui se pratique partout dans nos chères îles grecques.

La Grèce est en crise, oui, et même beaucoup plus en crise que les autres pays d'Europe du sud, mais les faits ne datent pas d'hier, et la crise ne frappe pas tout le monde de la même manière. La Grèce est un pays où la corruption est souvent présente, ce n'est un secret pour personne, mais quand on n'a pas ou peu de présence de l'état, pas de cadastre, pas de permis de construire, ça donne ça :