19 décembre 2019

Cythère, le Kastro de Chora

Au royaume des ruines...

Une fois arrivés à Chora par le sentier, dont l'itinéraire est décrit dans l'article précédent, deux options s'offrent à nous : partir sur la gauche et visiter Chora, ou bien partir sur la droite et commencer notre exploration par l'ancien Kastro vénitien. C'est ce dernier choix que nous avons fait, nous commençons donc par le Kastro.

Le Kastro - le mot signifie "chateau" en grec - est une ancienne forteresse vénitienne, datant du 16ème siècle, construite sur le piton rocheux au sud de Chora. A l'époque, le site était très bien choisi car il permettait d'observer de loin ce qui se passait sur les trois mers : Égée, Ionienne et mer de Crète car Cythère se situe au carrefour de ces trois mers.
Dès l'approche, on se rend bien compte de l'aspect massif de la construction,


mais c'est sur le chemin d'entrée que l'aspect colossal des murs d'enceinte se mesure pleinement :


16 décembre 2019

Cythère, de Kapsali à Chora à pied (aller)

La-haut sur la colline...

Il s'agit aujourd'hui d'aller par les sentiers de Kapsali, en bord de mer, jusqu'à Chora, la capitale de l'île de Cythère, et donc d'en revenir aussi par le même moyen. 
Nous emprunterons le sentier M1 balisé par "Paths of Greece" (Μονοπάτια της Ελλάδας en grec), un organisme fondé en 2010 et qui s'est donné comme objectif de faire de la Grèce une des dix premières destinations de randonnée dans le monde. L'objectif est ambitieux... mais ce n'est pas à Cythère qu'ils vont tenir leur challenge. Il y a, certes, quelques randonnées balisées sur l'île, mais rarement en boucle, et pas de nature à faire venir du monde entier bien qu'elles soient agréables. Paths of Greece s'appuie sur les anciens chemins existants, avant que la voiture et les routes associées aient fait exploser le réseau de sentiers qu'empruntaient quotidiennement les habitants. Une tâche difficile, car la végétation reprend vite ses droits dès que personne ne foule plus la terre des chemins, et leur premier travail est de retrouver ces anciens sentiers avant de les baliser.

Mais pour aller de Kapsali à Chora et en revenir, on peut le faire en boucle, alors autant en profiter. L'objectif à atteindre est d'aller tout en haut sur la colline en face de nous, là où on voit une chapelle blanche. Je vous décrit l'itinéraire aller dans cet article, le retour fera l'objet d'un autre.

  
Depuis Kapsali, on remonte jusqu'au bout du quai qui longe la mer, en direction de Chora, et on retrouve les mêmes poteaux indicateurs de randonnées qu'à Sifnos (par exemple), un balisage clair et sans ambiguïté.

13 décembre 2019

Cythère, Kapsali

Une belle ambiance à la grecque...

Avant d'aller à Cythère s'était posée la question habituelle : "Où allons-nous nous installer ?". Cythère étant une île relativement grande, nous avions deux options : nous déplacer et nous loger dans différents coins de l'île au fur et à mesure de nos pérégrinations, ou bien se poser à un seul endroit et faire des allers-retours au gré de nos visites. Le manque d'envie de défaire et refaire sa valise quasiment tous les jours nous a fait opter pour la seconde alternative, et choisir Kapsali comme point d'ancrage. Et franchement, nous ne l'avons pas regretté !

Kapsali se situe au sud de Cythère, un petit village niché au fond de deux échancrures de la côte, dans un très joli cadre. Voici une vue générale de Kapsali, depuis la colline de Chora - j'aurai l'occasion de vous reparler de l'endroit d'où j'ai pris cette photo, cela mérite le détour.


Il y a tous les ingrédients pour faire de ce lieu un endroit de villégiature.

5 décembre 2019

Iles grecques, Cythère

Embarquement pour une nouvelle destination...

S'embarquer pour Cythère, au sens figuré et selon une façon de s'exprimer qui n'a plus trop court dans les temps actuels, c'est tomber amoureux ou avoir un rendez-vous galant, avec une connotation de nouveauté, de première fois.
Et pour nous, bien que nous ayons un peu passé l'âge des premiers rendez-vous, c'était une première fois, une première exploration de cette île grecque située à une dizaine de kilomètres au sud du Péloponnèse. Alors, embarquons pour Cythère, au propre comme au figuré !

Cythère est encore épargnée par le tourisme de masse, il n'y a pas de "resort" ou autre grande usine à touriste sur l'île, pas d'énormes bateaux de croisière qui déversent leur lot d'humains à intervalle régulier, non, Cythère est une île calme, peu peuplée, qui a gardé de grands espaces naturels et où il fait bon vivre. Pas de grands sites, mais de jolis petits coins un peu partout sur l'île. 
Une île pas très riche mais qui garde de beaux coins de verdure, où on peut entendre couler l'eau des torrents, se promener à pied, se baigner dans de beaux cadres, ou tout simplement juste profiter du temps qui passe.
Vous l'avez certainement deviné... J'ai beaucoup aimé Cythère, et je vais vous en parler plus en détail dans les articles à venir.

Commençons par les contingences matérielles. Comment y aller ? 
Il y a un aéroport et, comme toute île, un port : Diakofti.


On voit un bateau à quai dans la photo ci-dessus, et la côte au fond est celle du Péloponnèse. L'île n'est pas très loin du continent.

27 novembre 2019

Cuisine grecque, une nouvelle version du Dakos

Les "Paximadakia" en cuisine...

Le "Dakos" est un plat traditionnel de la cuisine grecque, une salade présente dans un grand nombre de cartes de restaurants locaux, mais curieusement absent de la littérature. Les amoureux des polars de Petros Markaris, un maître du genre en Grèce, savent que la femme du commissaire Kostas Charitos, Adriani, est une fine cuisinière préparant de multiples plats fétiches typiques de la cuisine grecque, mais le Dakos ne figure pas dans la liste de ses spécialités. Cette salade serait-elle considérée comme indigne ? Et même dans les livres de Markaris traitant de la crise, où Adriani déploie des trésors d'inventivité en cuisine pour préparer de bons petits plats à sa famille avec un budget des plus maigre, jamais elle ne sert de Dakos...

Alors, un Dakos, quèsaco ? 
Comme pour toute spécialité culinaire, il en existe diverses versions ; voici l'une d'elles, la plus courante, ici trop minimaliste à mon goût :


Il s'agit d'un pain complet grillé, une biscotte ronde et épaisse de la forme d'un demi pain à hamburger, surmonté de tomates coupées en dés, de feta émiettée et assez souvent de câpres. Certains rajoutent, comme ci-dessus, des poivrons en lamelles, des olives, ...
Le Dakos est un lointain cousin du "Bruschetta" italien .

Pour que ce soit bon et pas trop bourratif, il faut qu'il y ait pas mal de tomates, dont le jus imbibe la partie supérieure du pain grillé (en général assez dur) tout en le gardant croustillant en dessous. Personnellement, j'aime bien en manger de temps en temps.

6 novembre 2019

Péloponnèse, Magne, Gythio

Au pays du Karagiozis...

Dernière étape dans le Magne, dans l'une des deux plus importantes villes de cette petite partie du Péloponnèse, Gythio. Je vais le dire tout de suite, je n'ai pas vraiment aimé Gythio... Probablement moins à cause de la ville elle-même que parce que c'était un retour vers la civilisation et ses côtés moches, le bruit et la circulation incessante des voitures le long du port (et encore, on était hors saison...) après tous ces jours dans le Magne profond, calme.
Il s'agissait pour nous de faire une étape d'une soirée avant de continuer vers Cythère, dont je vous parlerai dans les articles suivants. 

Alors je vais vous faire un court article sur Gythio, histoire de vous présenter la ville, mais sans m'attarder car il n'y a pas pléthore à raconter.
Mon état d'esprit ce soir là a du influencer mon jugement. Que je vous explique : nous avions prévu de continuer notre route le lendemain jusqu'à Neapoli, en bas du "premier doigt" du Péloponnèse, pour prendre le bateau et aller à Cythère (en saison, on peut aller aussi à Cythère directement depuis Gythio, mais hors saison le bateau ne circule pas). Je profite donc d'un petit moment de repos à notre hôtel de Gythio pour aller sur la toile voir les horaires de bateaux du lendemain. Et là, en cherchant à réserver nos places dans le petit bac qui relie Neapoli à l'île de Cythère, je me vois indiquer qu'on ne peut prendre de billets sur internet que... 5 jours au moins à l'avance. Grrrr, je fais comment pour savoir s'il reste de la place dans ce bateau ? J'essaye d'appeler l'agence de Neapoli au téléphone, mais personne ne répond. Bon, on est en plein dilemme... On prend le risque de faire la route pour rien, aller retour, dans l'éventualité où le bateau serait plein ?
C'est donc dans cet état d'esprit que nous sommes partis visiter Gythio, ça plombe un peu l'optimisme qu'il me reste.

Avec un regard plus objectif, ce n'est quand même pas si mal... de loin.


Un grand bassin bordé de bateaux, des maisons neo-classiques colorées étagées sur la colline, on va aller y faire un tour pour voir de quoi il retourne.

10 octobre 2019

Péloponnèse, Magne, Cap Tenare

Au sud du sud...

Le cap Tenare, aussi nommé cap Matapan, est le point le plus au sud du Péloponnèse, et du continent grec (certaines îles grecques se situent encore plus au sud). Certains prétendent que c'est le point le plus au sud du continent européen, mais si on y regarde de plus près, la latitude du cap Tenare est de 36°23' Nord, alors que celle de Gibraltar n'est que de 36°08' Nord. Il s'en est donc fallu d'un cheveu, mais les Anglais ont le dernier mot, le cap Tenare n'est pas le point le plus au sud du continent européen...

Cependant, l'arrivée en vue du cap Tenare est bien plus belle que celle de Gibraltar :


La terre se rétrécit pour ne former qu'une étroite bande avec, sur la gauche, la baie de Porto Kagio :


et sur la droite la plage de Marmari :


7 octobre 2019

Péloponnèse, Magne, Lagia

On voudrait bien le croire...


Dans la partie sud est du Magne profond, le village de Lagia mérite bien une courte halte avant le cap Tenare. Bien que voisin de Vathia, dont j'ai déjà parlé, il n'est en rien semblable à ce village qui regroupe à lui seul un nombre impressionnant de maisons forteresses. Mais contrairement à Vathia qui ressemble plus à un "village - musée", La vie n'a pas déserté Lagia, et elle se concentre autour d'une petite "place" que traverse la route, bordée d'un côté par un café taverne et de l'autre par une église originale.

Commençons d'abord par faire un tour de part et d'autre de ce centre ville, si on peut l'appeler ainsi, ou plutôt "centre village". Les maisons habitées côtoient les ruines, toutes dans le style architectural du Magne...


Toutes les maisons sont dignes d'intérêt, beaucoup n'ont plus de fenêtres ni de toit, mais elles gardent fière allure.

5 octobre 2019

Péloponnèse, Côte sud-est du Magne

Un petit coin de paradis...

Nous voilà partis d'Areopoli en direction de la côte est du Magne. Il n'y a qu'une seule route, direction Kotronas dans un premier temps, qui passe par une vallée que je devrais peut-être plutôt nommer une gorge naturelle entre des montagnes.
Ici comme dans toute la région, on rencontre en chemin de beaux villages construits dans le style du Magne, maisons en pierres et imitation de tours forteresses, situés sur les hauteurs et entourés d'oliviers. Les arbres commencent à se faire rares, le Magne profond n'est principalement qu'une terre caillouteuse avec une faible épaisseur de terre, ce qui rend difficile la culture.
Voici le village de Pyrrichos,


endormi à cette heure de la journée.
Après avoir traversé la péninsule, on arrive en vue de la côte est de Magne au dessus de Kotronas. La vue depuis les hauteurs est magnifique, et par cette journée chaude et sans vent, la mer ressemble à un grand lac.

26 août 2019

Péloponnèse, Vatheia

Le village le plus authentique du Magne...

C'est ce que disent les guides touristiques, alors il faut aller voir à quoi ressemble Vatheia. En arrivant depuis la côté ouest du Magne, on voit bien le village depuis la plaine et le bord de mer, et le paysage, bien qu'aride, est très beau.


Je vais laisser la parole à Patrick Leigh Fermor pour décrire Vatheia, car il le fait fort bien : "Puis ce furent Tzoukhalia et la montagne de Vatheia entièrement couronnée de tours. Sur les hauteurs, brisant les rayons parallèles et obliques du soleil, un groupe d'une centaine de sombres campaniles se dressaient dans l'air matinal au-dessus d'un ruban de terrasses. Chaque tour projetait sur le sol ensoleillé une longue lame d'ombre."

Les terrasses, on les devine encore un peu dans le paysage, mais elles sont désormais abandonnées aux lois des éléments naturels, et même en comptant la moindre maison, il n'y a plus une centaine de constructions sur ce que je qualifierais de colline plutôt que de montagne. Mais les conditions de voyage de Patrick Leigh Fermor devaient être totalement différentes de nôtres, maintenant que des routes ont été construites dans le Magne du sud.

25 août 2019

Péloponnèse, Gerolimenas

Dans une échancrure de la côte...

Nous voilà repartis d'Areopoli, direction la côte sud-ouest du Magne, avec comme premier objectif la visite de Gerolimenas. Mais avant d'atteindre cette destination, nous avons fait un crochet qui nous a permis de voir ce que sont les villages du Magne du sud. 
Nous avons rapidement quitté la route principale pour rejoindre une route secondaire en hauteur, parallèle à la route principale, qui nous fait passer par de petits villages restés "dans leur jus". En fait de villages, ce sont plutôt des hameaux de quelques maisons, toutes en pierre, dont certaines sont d'antiques tours typiques du Magne, pas toujours en bon état ni habitées. Fragkoulias, Drialos, Briki, ... On est au coeur du Magne, tel qu'il devait être dans le passé. Aucune circulation, pas de bruit, la route asphaltée qui les dessert doit être récente. Les paysages sont très beaux, sauvages, et en hiver la vie doit être rude dans ces endroits reculés.


Il y a des chapelles ou églises de style byzantin partout, dans le moindre groupe de maisons. A part les oliviers, la végétation sauvage est très diversifiée, j'ai même vu des euphorbes, plantes de nos jardins, pousser à l'état sauvage le long de la route.
Notre itinéraire finit par rejoindre la route principale, et nous reprenons la direction de Gerolimenas.

14 août 2019

Péloponnèse, Areopoli

Un haut lieu historique...

Nous voici arrivés à Areopoli, étymologiquement "La ville d'Arès", tout un programme quand on connait l'identité et les oeuvres du dénommé Arès, dieu grec de la guerre offensive et de la destruction.
La ville ne s'est pas toujours appelée ainsi, et ce n'est qu'au 19ème siècle qu'elle a changé de nom, elle s'appelait auparavant Tsimova. Ce changement de nom est lié aux événements historiques qui sont partis d'Areopoli, et dont je vais vous parler un peu plus loin. 
Commençons d'abord par visiter la ville. Areopoli est considérée comme la ville la plus importante du Magne, je m'étais donc imaginée une grande ville, animée. Gros désappointement... la ville est un village d'environ 1000 habitants, dont le principal de l'activité se concentre autour d'une grande place centrale moderne, et d'une rue piétonne qui traverse la ville ancienne bordée par de belles maisons en pierres bien restaurées et aboutit sur une grande place rectangulaire.



Au coin de cette place se situe l'église des Taxiarques, l'un des monuments à visiter dans Areopoli.

12 août 2019

Péloponnèse, Découvrez le Magne en photos

Une forme sympathique de guide de voyage...

Dans les lieux qui nous sont encore inconnus, nous voyageons souvent accompagnés par un pur produit français nommé "Guide du Routard" depuis quelques dizaines d'années, et l'exploration du Magne n'a pas fait exception. Par contre... le fameux GDR s'est révélé un peu faible sur cette partie de la Grèce. Nous avons bénéficié de quelques uns de ses bons plans et de son humour, mais ceux qui ont rédigé la partie sur le Magne n'ont pas du avoir envie de le sillonner dans ses moindres recoins, car on ne trouve que les lieux principaux à visiter dans le GDR, mais pas de mention aux nombreux petits coins authentiques, quelquefois perchés dans la montagne, qu'il est bien agréable de traverser ou de visiter quand on a un peu de temps et de curiosité.

J'ai trouvé à Aréopoli, dans l'une des librairies de la place centrale, un livre en français sur le Magne, rédigé par un Grec qui y vit, et qui permet de se faire une très bonne idée de tout ce qu'il y a à y voir.


2 août 2019

Péloponnèse, Limeni

Un petit air de Saint Trop'

Limeni, le long de la côte est du Magne, entre Kardamyli et Areopoli, est un endroit sur lequel j'ai des avis contradictoires.

Quand on voit l'endroit de haut, la première impression est de se dire : ouah ! c'est joli !


Et honnêtement, c'est vrai que l'endroit mérite qu'on s'y arrête. Il n'y a qu'une route à sens unique qui permette d'accéder au bord de l'eau ; on entre dans ce hameau - je n'ose même pas l'appeler un village vu le petit nombre de maisons - par en haut et on en ressort par en bas. Sur la photo ci-dessus, on voit bien un bout de la route qui rejoint l'axe principal de circulation et qui permet de "sortir" de Limeni.

1 août 2019

Péloponnèse, route de Kardamyli à Areopoli

De vieilles églises à gogo...

Après le détour vers Aghios Nikolaos, nous voilà revenus sur la route principale qui relie Kardamyli à Areopoli. La route grimpe dans les hauteurs avec, par moment, une belle vue sur la côte tout en bas. Dommage, ce jour là le temps était un peu brumeux... ce qui arrive assez souvent dans cette région où les nuages ont tendance à s'accrocher sur les monts Taygète et à ne plus en bouger.

Le paysage est très nature et sauvage. Il y a encore de la verdure, mais moins qu'à Kardamyli. Partout une grande variété de fleurs sauvages dont une grande plante du genre chou sauvage monté en graine et surmonté d'une grande hampe florale constituée de petites fleurs jaunes. J'ai beaucoup aimé ce paysage.


Personnellement, je n'avais jamais vu cette plante, ou plutôt je n'avais pas dû lui prêter attention, car de retour en France je l'ai vue dans les Pays de Loire, mais isolée, pas en groupe comme ici. J'ai fait des photos (dans le Magne) et je me suis promis d'y regarder de plus près quand je rentrerai avec l'aide du site de jardiniers passionnés que j'ai mis dans les "Liens utiles". J'ai prévu un article sur les fleurs et plantes du Magne, je vous en parlerai donc en détail dans un futur article car elle m'a fascinée.