22 juillet 2017

Péloponnèse, île de Poros-Kalavria et monastère de Zoodochos Pygi

Dans la pinède...

Avant de repartir de l'île de Poros, il nous reste à visiter le monastère de Zoodochos Pygi, sur l'île de Kalavria. Les monastères grecs sont des lieux agréables, souvent ouverts à la visite (à part à la sacro-sainte période de sieste, en général entre 13h et 17h), et j'aime toujours admirer les fresques qui recouvrent les murs de certaines de leurs églises.

L'île de Poros n'est pas bien grande, nous n'avions pas de carte, mais nous avions vu - ou cru voir ? - une pancarte indiquant le monastère, que nous avons donc suivie au départ. Et ensuite, plus rien... quelques embranchements de routes sans aucune indication, des maisons rares et disséminées dans la pinède, personne à qui faire confirmer que nous suivions le bon chemin, ou pour nous indiquer lequel prendre.

Nous avons bien fait, nous n'étions pas du tout où il fallait mais du côté opposé, et cela nous a permis de faire le tour de la partie Kalavria de l'île de Poros, avec de très beaux points de vue sur la côte nord de l'île.


Le tour de Kalavria fini, nous sommes tombés sur le monastère au bout d'une route en cul de sac, pas très loin de l'endroit où nous avions dormi. Lui aussi est enchâssé dans la pinède, installé dans un endroit isolé loin de l'agitation touristique.

21 juillet 2017

Péloponnèse, Poros ville

Le passage du temps...

Après avoir traversé le petit bout de mer en bac et posé nos affaires dans la chambre qui va nous accueillir pour une nuit, nous voici partis pour la visite de la ville de Poros qui, comme je l'ai indiqué dans le précédent article, occupe la quasi-totalité de l'île de Sphèria, l'un des deux îlots composant l'île de Poros. 
De loin, une belle architecture néo-classique, avec de la verdure, ce ne doit pas être désagréable de vivre ici.


La promenade le long du quai en bord de mer est plaisante : nombreuses tavernes et bars, évidement, bateaux à quai, magasins de souvenirs pour touristes ou d'habits et babioles diverses, toujours pour touristes... et quelques marchands de miel. De quoi flâner le nez au vent et ne penser à rien, ce qui fait du bien.
Du miel, nous allons en trouver un peu partout tout au long de notre périple dans le Péloponnèse, c'est l'une des spécialités du pays, un miel liquide délicieux avec un yaourt (grec, bien sûr).

20 juillet 2017

Péloponnèse, Ile de Poros

On prend le bac...

En route pour l'île de Poros, l'une des îles Saroniques, située le long de la côte nord de l'Argolide. Pour le coup, c'est une vraie île, celle-là - je dis cela pour ceux qui contesteraient le statut d'île au Péloponnèse - bien qu'elle ne se situe qu'à une centaine de mètres de la côte du Péloponnèse.
Poros est bien sûr accessible depuis le port du Pirée, à Athènes, mais c'est encore plus simple d'y aller quand on se trouve dans le Péloponnèse, depuis la petite ville de Galatas. 
Après quelques tergiversations, nous avions finalement trouvé un hébergement pas trop cher pour une nuit, et décidé d'aller passer une journée complète sur l'île, d'y dormir, et de continuer notre périple grec le lendemain en fin de matinée.

Au départ de Nauplie, nous avons repris la même route que la veille, jusqu'à l'embranchement vers Epidaure, puis continué tout droit sur une petite route qui passe dans la montagne et traverse de tous petits villages très tranquilles. Si nous avons croisé 2 ou 3 voitures sur toute cette portion de route, c'est bien le maximum. Une ambiance de bout du monde... A Ano Fanari, la route en corniche longe le bord de mer et offre de très belles vues sur la côte environnante, dans la brume ce matin là.


La fin du trajet jusqu'à Galatas est plus insignifiante, et notre avancée est bien ralentie par de nombreux travaux sur des portions de la route. Soyons positifs, c'est quand même le signe qu'il reste un peu d'argent dans les caisses grecques pour réparer leur réseau routier.

Depuis Galatas, la vue sur Poros est panoramique :

1 juillet 2017

Péloponnèse, Epidaure

Un petit tour chez Asclepios...


Pour nous, à l'époque actuelle, le site d'Epidaure est associé au théâtre du même nom, et au festival qui s'y déroule chaque été, mais pas vraiment à un centre médical. Pourtant c'est ce qu'il fut dans l'antiquité, un grand lieu de guérison, ou supposé tel, où convergeaient de nombreux malades cherchant la rémission de leurs maux. Comme le dit un guide touristique en français "Le célèbre temple d'Asclepios à Epidaure fut le point de convergence d'un grand nombre de malades venus non seulement du monde tout entier, mais aussi d'autres pays" (sic !). Diantre ! Ceux qui disent qu'il n'y a plus de coins non explorés sur terre vont avoir de nouveaux espoirs...
Le site nommé Asclepeion, comprenait un sanctuaire dédié au dieu guérisseur Asclepios, la version grecque de l'Esculape romain, ainsi que de nombreux autres bâtiments et un grand "estiatorion" datant d'environ 300 avant J.C., un "restaurant", où les malades pouvaient prendre des repas rituels et sacrificiels et dont il reste quelques traces.
L'Asclepeion était un grand centre de santé, un des "berceaux" de la médecine ; on y pratiquait des bains, des diètes, des soins pharmacologiques et même des opérations chirurgicales. 
Les restes de ce grand ensemble se trouvent toujours à côté du théâtre, et les plus informés ne manquent pas de le visiter.
Quant au théâtre, il aurait été construit progressivement dans l'antiquité grâce aux dons des malades.

Considérations matérielles d'abord : ici aussi l'entrée est à 12€ par personne en 2017... Entre Mycènes et Epidaure, budget nécessaire de 50€ à deux pour effectuer la visite... 

Quand on arrive sur le site, c'est d'en-bas et de face par rapport au théâtre. La première impression, la vue d'ensemble, ne m'a pas semblé être celle de majesté et de grandeur. De face, le théâtre m'apparaît plus petit que ce que j'avais imaginé, mais mon impression va changer.

29 juin 2017

Péloponnèse, Mycènes

Les Cyclopes ne sont pas loin...

Nous abordons la visite du premier site archéologique majeur de la Grèce (très) antique, le site datant du 17ème siècle au 12ème siècle avant J.C.. Avant d'aller y voir de plus près, des précisions et une anecdote.
Le site archéologique de Mycènes se situe à quelques kilomètres du village du même nom, lui même situé au nord de Nauplie à une distance qui permet sans problème de faire l'aller retour et la visite en une demie journée.


Ensuite une petite anecdote. En allant de Nauplie à Mycènes, la route longe une multitude de vergers où on reconnait des orangers, dont certains couverts d'oranges, des citronniers, des grenadiers, des abricotiers, ... un vrai jardin d'Eden. Il y a plusieurs marchands de fruits le long de la route, de la vente directe du producteur au consommateur. Et comme nous aimons beaucoup les fruits et les circuits courts... on a finit par s'arrêter à l'un d'entre eux pour s'acheter des oranges (qui sont préemballées dans un gros sac, on doit en avoir au moins 5 kg pour... 5€, imbattable) et des abricots. Ah les abricots... quelle merveille, mûris au soleil, de gros abricots juteux qui vous coulent sur les doigts (ça fait belle lurette qu'ils ne font plus ça chez nous) et dégagent un parfum... de vrais abricots comme on n'en trouve plus en France. 
Et comme je baragouine un peu le grec, le marchand, très gentil, a engagé la conversation comme si j'étais très à l'aise dans cette langue. Je m'accroche, je m'efforce de suivre ou je le fais répéter quand je n'ai pas compris, ce qu'il fait volontiers. Et quand je lui dis que, pour nous, le grec est une langue plutôt difficile, il acquiesce et se lance dans une explication en prenant un caillou dans sa main et en me citant tous les différents mots en grec qu'on peut utiliser pour désigner ce bout de caillasse (j'en connaissais quelques uns, et j'en ai découvert d'autres). Eh bien, je suis restée scotchée... Je ne vois pas mon marchand de fruits et légumes français se lancer de la sorte dans une digression sur les difficultés de la langue française avec un de ses clients étrangers... Ah ces grecs, ils ont l'amour et la fierté de leur langue et de leur culture chevillés au corps.

27 juin 2017

Péloponnèse, Nauplie

A "l'assaut" des citadelles...

Suite et fin de la découverte de la coquette vieille ville de Nauplie, déjà abordée dans le précédent article.
Nous en étions restés à la petite plage de galets d'Arvanitia... depuis laquelle nous avons emprunté à pied la route qui monte (c'est la seule) pour aller explorer la première citadelle de Nauplie, Akronauplie, située sur le sommet de la langue de terre qu'occupe la vieille ville.
En montant, il y a bien ce gros immeuble moche, à l'abandon et bien délabré, un peu du style architecture stalinienne, qui détonne vraiment dans le paysage, mais on l'oublie vite en continuant la montée au milieu des restes de fortifications de l'époque vénitienne, dont les murs crénelés rappellent ceux de la ville de Rhodes, en moins monumental.


Les panonceaux présents partout nous expliquent qu'il s'agissait d'une place forte des Francs, à l'époque des croisades, et le nom des Villehardouin y est cité. Cocorico ! des français dans le Péloponnèse ! Bon, gardons une certaine distance par rapport à ça, c'était au 12ème siècle, depuis la géopolitique a eu le temps de bien rebeloter les cartes et les français n'ont pas fait long feu au regard des siècles...

26 juin 2017

Péloponnèse, Argolide, Nauplie

Première étape...

Quand on arrive d'Athènes après avoir enjambé le canal de Corinthe, la première étape d'évidence est la coquette ville de Nauplie.
Nauplie est une ville qui a de l'histoire derrière elle. Selon la mythologie (on est en Grèce, elle est partout...), elle aurait été fondée par Nauplios, fils de Poséidon le dieu de la mer, rien moins que ça... Sur la mère du fameux Nauplios, je n'ai rien trouvé, son nom ne semble pas passé à la postérité ; les dieux en usaient allègrement avec les simples mortelles, si on avait du noter à l'époque toute leur descendance, on n'en aurait pas fini de si tôt... Le fameux Nauplios a eu un fils (au moins...) nommé Palamède, qui a donné son nom à la grosse colline qui surplombe la ville, et dont j'aurai l'occasion de parler dans un prochain message car les vénitiens y ont construit une forteresse remarquable.

Pour le moment, restons dans la vieille ville et le port, il y a déjà de quoi dire sur ce sujet. Arrivés par l'un des bus du matin à Nauplie, nous avons donc posé nos valises à l'hôtel, déjeuné dans une taverne typique grecque dans l'une des ruelles, et nous sommes partis ensuite en exploration dans la vieille ville, en oubliant la ville moderne de Nauplie qui n'a pas franchement de charme.
Les nombreuses ruelles piétonnes sont, pour certaines, pleines de boutiques en tout genre destinées principalement aux touristes, business oblige. Elles sont néanmoins très agréables à parcourir.



18 juin 2017

Péloponnèse

Une île ou pas une île ?

Je reprends mes publications après une petite période d'absence, les journées sont courtes et je n'arrive pas à y caser tout ce que j'ai envie de faire... Le blog a tendance à passer derrière certaines autres priorités de la vie.
Alors, dans cet article et ceux qui vont suivre, j'ai envie de vous parler d'une région de la Grèce qu'on peut, de mon point de vue, assimiler à une île, puisque c'est le leitmotiv de ce blog qui leur est entièrement dédié.

Je reprends le dictionnaire (le Robert, mon chouchou), et je vérifie la définition de ce qu'est une île : "étendue de terre ferme émergée de manière durable dans les eaux d'un océan, d'une mer, d'un lac ou d'un cours d'eau", ce qui collerait bien avec ce qu'est le Péloponnèse, une grande étendue de terre ferme émergée en Méditerranée, et plus précisément dans la mer Ionienne côté ouest et dans la mer Egée côté est, séparée de la terre ferme depuis l'inauguration du canal de Corinthe en 1893, canal qui a entaillé dans toute sa largeur l'isthme de Corinthe et isolé géographiquement et définitivement le Péloponnèse du reste du continent Grec.
D'ailleurs l'éthymologie de son nom "Peloponnissos" était prémonitoire, puisqu'elle signifie littéralement l'île (nissos) de Pelops, fils de Tantale à la destinée tragique selon la mythologie - ce n'est pas le seul dans toute l'histoire de cette région, et j'aurais l'occasion d'en reparler dans un prochain article dédié à Mycènes.

Donc "l'île" Péloponnèse fait son entrée dans ce blog et, avec elle, trois (incontestables) îles situées à quelques encablures de la terre ferme : Poros, Hydra et Spetses, qui se verront chacune décrites plus en détail dans de futurs articles les concernant.

L'île Péloponnèse est très vaste, et je ne pourrai pas vous la décrire dans son entièreté. Nous nous sommes contentés, dans le temps qui nous était imparti, de parcourir une grande partie de son côté est, ce qui couvre les régions d'Argolide, d'Arkadie (un tout petit bout) et de Laconie (en partie).

Le Péloponnèse est une région montagneuse, où on n'avance pas très vite sur de belles routes en lacets, et le moindre déplacement peut prendre, selon les endroits, pas mal de temps au regard des kilomètres parcourus.


20 février 2017

Sifnos, de Platys Ghialos à Vathy

Voici une courte randonnée qui va nous faire passer dans de beaux paysages et visiter (oui, encore !) un petit monastère. Elle va nous mener de Platys Ghialos, une petite station balnéaire sur la côte sud est de l'île de Sifnos, à Vathy, une autre petite station balnéaire sur la côte sud ouest de l'île. 
Nous allons donc traverser l'île mais dans une de ses parties les moins larges. Et comme une grande partie des Cyclades ont la forme d'une montagne sortie de la mer, il va falloir monter, cheminer un peu à plat, puis redescendre, passer un col comme on pourrait le dire... 

Pour se rendre à Platys Ghialos, le moyen le plus simple et surtout le plus économique est le bus. Mais il faut quand même un peu organiser sa journée à partir des horaires des dits bus (ce qui ne fut pas notre cas...) car s'il y en a 7 ou 8 dans la journée pour Platys Ghialos, il n'y en a que 3 de Vathy pour rentrer vers Artemonas ; c'est très peu, et nous allons en faire les frais comme je vais vous le narrer plus loin.

Déjà, le jour où nous avons fait cette rando, ce n'était pas bien parti pour nous. Notre logeuse, que nous n'avions pas encore vue depuis notre arrivée (c'est la femme de ménage qui avait tout réglé à notre arrivée, ce qui ne nous perturbait pas plus que ça vu que nous avions une chambre) s'est décidée à venir faire un peu de communication auprès de ses locataires et nous a, du coup, fait rater le bus que nous voulions prendre. Donc, monsieur de La Palisse ne me contredirait pas, nous avons du prendre le suivant... 2 heures plus tard, ce qui nous a fait arriver vers 14h30 à Platys Ghialos. On a connu mieux comme horaire de départ...
Nous n'avons donc pas traîné et pris le sentier dès la descente du bus. 
Il y a 2 sentiers pour aller de Platys Ghialos à Fykiada, un "court" par Moussia dont j'ai déjà parlé ici, et un plus long, et c'est ce dernier que nous allons emprunter. Ils portent tous les deux le numéro 4, mais nous allons suivre la direction du Profitis Ilias Kondou indiquée sur les poteaux indicateurs puisque notre chemin passe aujourd'hui par ce petit monastère, ou de Vathy puisqu'elle figure aussi par moment bien que sur des panneaux plus improvisés.

19 février 2017

Sifnos, d'Artemonas à Kamares

Un moyen intéressant pour redescendre au port...

Il est toujours agréable de se promener à Apollonia et Artemonas, les deux principaux villages de l'île de Sifnos. Mais si on est monté du port en bus, qu'on a parcouru les ruelles, visité quelques églises ouvertes, qu'on s'est rafraîchi à une terrasse de café, traîné dans quelques poteries,... bref tout ce qu'on peut faire quand on a tout le temps devant soi, nos promenades ne nous mettent pas toujours en phase avec les horaires de bus pour redescendre au port.
Plusieurs alternatives se présentent alors : prendre un taxi sur la place des Héros à Apollonia - c'est plus cher que le bus, surtout si on n'est que 2 -, attendre le prochain bus à l'une des terrasses de café de la même place des Héros, ou ailleurs - agréable -, ou alors redescendre à pied jusqu'à Kamares.

Et c'est cette dernière possibilité dont je vais me faire un plaisir de vous parler, car elle est bien agréable et pas trop fatigante.

Nous sommes partis de la place d'Artemonas, au bout de laquelle se trouve l'arrêt des bus. Nous avons suivi au début le sentier qui mène à Aghios Simeon, balisé n°7, et qui démarre au coin de l'ouzerie. Franchement, cette ouzerie, c'est bien pour boire un coup, mais en ce qui concerne la cuisine qui y est servie... on peut très bien s'en abstenir, elle ne vaut pas grand chose et on trouve mieux sans problème. Ceci étant dit... nous avons ensuite pris à gauche le sentier balisé 10A, que nous avons suivi pendant un petit moment, toujours en direction d'Aghios Simeon, le magnifique monastère dont j'ai déjà parlé ici.

Mais on ne peut pas suivre indéfiniment la route vers Aghios Simeon... sinon on n'irait pas au port par le chemin le plus direct.
A un carrefour, il faut prendre à gauche comme l'indique le poteau indicateur, direction Kamares, sentier n°10 :



17 janvier 2017

Folegandros, ou autre... , les terrasses

Déliquescence de notre temps...

Je viens de terminer la lecture du dernier et excellent livre de Sylvain Tesson "Sur les chemins noirs", et il y décrit un paysage de Provence avec d'anciennes terrasses à l'abandon. Rien à voir avec les îles me direz-vous, sujet quasi exclusif de ce blog. N'empêche... Des terrasses il y en a aussi dans les îles grecques, et un passage du livre a résonné en moi. En le lisant j'ai vu défiler dans ma tête les paysages de Folégandros, Sifnos, ... de toutes ces îles montagneuses où les paysans n'avaient d'autre choix pour leurs cultures que de façonner des terrasses.

Je vous cite d'abord le passage du livre de Sylvain Tesson, et j'illustrerai ensuite ses propos par quelques photos prises dans les Cyclades. On se croirait en Grèce quand il décrit les terrasses provençales.
"Les terrassements témoignaient de la longue présence des hommes en ces versants et de leurs travaux herculéens qui avaient refaçonné le profil des reliefs. A marcher sur les calades bordées de murets, je pratiquai une forme d'archéologie vivante. Il avait fallu des millénaires pour métamorphoser ces pentes en escaliers agricoles. Quelques décennies avaient rendu les déclivités à la broussaille. La force aveugle de l'époque était cette rapidité avec laquelle elle se débarrassait des vieilleries. 
(...) Pourquoi les peintres ne s'étaient-ils pas intéressés aux terrasses abandonnées ? Il y avait là toutes les caractéristiques des Vanités du XVIIIe. Au lieu du crâne humain, de sa fleur et de son sablier, on disposait de la pierre où rampait le lierre. L'appareil symbolique était différent mais le message était le même : tout passe. L'éphémère du mur de pierre était même un peu plus triste. Car si le mur et l'homme étaient promis à la même désagrégation, le travail avait été plus harassant pour édifier le premier que pour reproduire le second."
(pages 55 et 56 de "Sur les chemins noirs")

Comme c'est bien écrit et comme l'analyse est juste ! Ils ne sont plus très nombreux les grands voyageurs aventuriers à savoir écrire comme cela et à avoir la tête si bien remplie...

Voici une illustration du propos, sur l'île de Folegandros. Les anciennes terrasses occupent la partie droite de la photo et descendent jusqu'à la mer :


9 décembre 2016

Une plante indocile nommée Câpre

Eloge de la liberté

J'ai quelques plantes fétiches, avec un gros coup de coeur pour la famille des succulentes, aéoniums en particulier mais pas que... Il en est une que j'aimais avant les aéoniums et que je continue à adorer : le câprier.
Sans savoir sur quoi ils poussaient, à part dans de petits bocaux en verre où ils baignaient dans la saumure, j'ai, depuis la plus tendre enfance, aimé les câpres que l'on met dans la cuisine, dans les salades de tomates, les plats méditerranéens, avec leur goût inimitable. Ils sont comme le disent certains maintenant "trop bons".

Et puis les séjours dans les îles grecques sont arrivés et j'ai découvert une plante qui avait une fleur magnifique, fine, élégante, de grandes étamines blanches surmontées d'un violet éclatant, une merveille de mon point de vue, et qu'on trouvait un peu partout, dans les endroits en friche, dans les vieux murs ou même les plus récents, pour peu qu'il y ait une anfractuosité où elle puisse se caler.


7 novembre 2016

Les aires de battage

Quand l'agriculture se fait "à l'ancienne"...

Il y a quelques sujets qui me fascinent plus que d'autres dans les îles grecques, et les anciennes aires de battage sont l'un d'eux. Les "alonia", aloni au singulier, émaillent le paysage des îles de manière agréable, quel que soit leur état. Elles témoignent d'une agriculture très peu mécanisée, sans émission de CO2 - bien qu'à l'époque où elles ont été construites, personne ne devait se soucier de ce point et encore moins des COP successives...
Ces "alonia" ne fascinent, va-t-en savoir pourquoi, toujours est-il que je les photographie de temps en temps, bien qu'elles aient toutes le même aspect. Quelle ne fut pas mon étonnement en voyant dans la dernière revue "You are here" de Sifnos, celle de 2016, qu'un article entier leur était consacré. Ainsi, je me sens moins seule avec ma fixette "aloni"...

J'ai déjà parlé en détail de cette publication dans mon dernier Billet d'humeur sur Sifnos, je vous laisse donc vous y référer, pour les plus curieux.
Évidement, j'ai lu l'article sur les alonia en priorité ! Bon, c'était quelquefois assez drôle, la traduction du grec en français n'a pas du être faite par une personne dont la langue maternelle est le français, et si c'est bien ce que je pense, c'est-à-dire que c'est un(e) grec(que) qui a rédigé la partie en français, je lui dit "Chapeau", il y a du vocabulaire spécifique compliqué. Par contre... si c'est un(e) français(e) qui a rédigé l'article... je confirme la baisse de niveau constatée à notre époque sur la maîtrise du français (entre autre)... 
Toujours est-il qu'il y a quelques tournures un peu bizarres dans ce texte en français, dont on comprend mieux le sens en lisant le texte en grec si on connait un peu ce langage, mais que globalement on apprend beaucoup de choses sur la manière dont les anciens grecs passaient de l'épi de céréales (blé, orge, avoine,...) sur sa tige aux grains en sac à porter au moulin (à vent, évidement).
Je vous invite à lire cet article, disponible sur internet avec le lien que j'ai donné, et à regarder les très belles photos qui l'accompagnent.

Alors, à quoi cela ressemble, une aloni ? Quand elle est bien entretenue, en usage, à ça :


4 novembre 2016

Sifnos, Festival culinaire des Cyclades

Un week-end gastronomique...

Tous les ans, le 2ème week-end de septembre - en fait du vendredi au dimanche - a lieu sur l'île de  Sifnos le festival culinaire des Cyclades.
Cela se passe sur la grande place des bus d'Artemonas, reconvertie en salon et salle de spectacle en plein air.

Évidemment nous sommes en Grèce, donc ce n'est pas la peine de chercher une quelconque activité de ce côté avant le début de soirée. N'oublions pas que les grecs et nous n'avons pas la même notion de ce que recouvrent les termes d'après-midi et soirée... 18 heures, pour les grecs, c'est l'après-midi, donc le tout début de soirée se situe vers 20 heures - 21 heures.
Nous sommes passés sur la place d'Artemonas en fin d'après-midi (version française), de retour de Kastro par la Panaghia Poulati à pied - une des randonnées mythiques de l'île de Sifnos dont j'ai déjà parlé ici - tout était encore bien calme. Des musiciens et des techniciens effectuaient les derniers réglages, ce qui nous a donné l'occasion de nous reposer quelques minutes sur une chaise en écoutant de la musique grecque, pas désagréable du tout.


29 octobre 2016

Billet d'humeur, Sifnos

Cela faisait longtemps que je n'avais pas publié de billet d'humeur, et le précédent n'était pas rose (et n'a toujours aucune raison de l'être cette année encore).
Alors, en ces temps automnaux sous un ciel bas et gris, l'humeur va être... très bonne !
C'est l'île de Sifnos qui est à l'origine de ce rayon de soleil mental. Et il y a plusieurs raisons de se réjouir.

Cela fait trois ans que l'office de tourisme distribue gratuitement une revue luxueuse au titre un peu niaiseux de "You are here". Cette revue contient bien sûr plein de pub pour les commerces en tout genre de l'île, mais aussi quelques articles intéressants qui présentent divers aspects culturels de l'île de Sifnos, un peu ou beaucoup en marge du tourisme de masse. L'année dernière par exemple, un des articles présentait le travail de Katerina Lebessi, une vieille dame dont les décors naïfs ornent les poteries qui sortent de l'atelier familial, en haut d'Artemonas. Nous avions eu l'occasion de rendre une petite visite à cette poterie loin des circuits classiques (sous entendus routiers...) au retour de la randonnée d'Aghios Sostis, et Katerina, présente à ce moment là, nous avait présenté gentiment sa poterie et son travail, mais mon niveau (très moyen) de grec m'avait un peu frustrée de ne pouvoir échanger plus avec elle faute de vocabulaire. Cela nous avait donc fait plaisir de voir qu'elle figurait en bonne place dans la revue annuelle.
Et cette année, la revue n°3 de "You are here" était particulièrement intéressante, j'aurais l'occasion d'en reparler dans d'autres articles.